Ce matin je buvais ma tasse de café en regardant Vendôme tout en laissant mon esprit vagabonder : hé, on est mercredi, les poubelles ont été sorties ? Moui, alors qu'est-ce qui pue comme ça ? C'est Karadoc qui s'est roulé dans un truc dégueulasse. C'est pourquoi je pensais aux poubelles. Mmh. Et elle veut quoi la Viandus à me regarder comme ça ? Elle louche sur mon croissant... à dix ans toujours aucune sagesse. Je suis plus hargneuse que tous ici pour garder ma gamelle - je souris - "tu veux une miette ma grosse ?"

En parlant de Vendôme, savez-vous qu'on a bien failli la perdre un jour ? Quand je dis perdre, je pense à passer l'arme à gauche, dead, couic, quoi.

Je vous raconte :

Je vivais encore chez mes parents à l'époque et je venais de rencontrer les deux loulouttes Thaïs et Vendôme, qui commençaient à prendre leurs marques chez nous.

Ce fameux jour-là, nous avions décidé d'aller manger un bout au restaurant, et les chiens n'y étaient pas les bienvenus. Même si le jardin était entièrement clos, pour éviter toute fugue, Vendôme avait été attachée à un arbre, situé non loin de la petite palissade. Nous la pensions ainsi en sécurité. En théorie, la longueur de la laisse ne lui permettait pas de sauter. EN THEORIE.

Cinq minutes après que nous soyons partis, mes parents ont été alertés par les aboiements furieux d'Arkan ; jamais ils ne l'avaient entendu aboyer de cette façon. Des voisins sont même venus voir ce qu'il se passait.

Vendôme, par une habile culbute du train arrière, avait franchi la palissade : son corps pendait dans le vide, la tête toujours attachée à l'arbre. Pendue haut et court. Elle y serait restée si Arkan n'avait pas été là. Mes parents ont couru pour la soulever et la détacher, elle n'en a gardé bienheureusement aucune séquelle.

Les chiens se souviennent-ils de leur bienfaiteur, ou agissent-ils sur l'empathie ressentie sur le moment ?

Quelques temps plus tard, nous faisions une promenade mon père et moi avec Arkan et Vendôme sur les rives de la Wiese, à cheval sur la frontière suisse et allemande.

La Wiese est une petite rivière tranquille qui descend de la Forêt Noire pour traverser Bâle. Or nous étions sur le début du printemps, et la neige qui fond dans les hauteurs fait considérablement augmenter le niveau de l'eau, qui devient un torrent rapide.

Tout être vivant un tant soit peu intelligent n'aurait pas tenté la baignade dans ces conditions. Mais c'était sans compter sur Arkan qui se jette dans la moindre flaque ; il n'a jamais compris qu'avec son genou abimé, il était incapable de nager.

J'ai crié : NOOOON ! En vain ...

C'est ainsi que nous avons vu Arkan emporté par le courant et se diriger tout droit vers des tourbillons remplis de branches et divers autres débris. Je m'apprêtais à aller dans l'eau pour le chercher lorsque Vendôme m'a devancé : elle s'est jetée dans le torrent, s'est positionnée à côté d'Arkan, et en nageant vigoureusement lui a fait décrire une courbe pour revenir vers le bord. Nous les avons tiré de l'eau épuisés.


A charge de revanche, n'est-ce pas ?  ;)

va